Récit d’une jeune femme à l’esprit libre

Ses périples quotidiens, tumultes amoureux, angoisses de mi-vingtaine, moments de délire et bien d’autres impertinences

dimanche 25 mars 2007

Dans les coulisses I

On est jeudi soir, je viens d’aller voir le film History boys - un coming of âge movie Anglais. Maintenant, je suis dans mon lit avec Laptop. J’ai rien à faire. En fait oui, j’ai plein de lectures à faire, mais comme d’habitude, je ne le fais pas. En plus je n’ai pas de nouvelles de plein de personnes qui devraient me donner de leur nouvelle mais qui ne m’en donnent pas parce qu’ils ou elles sont loin et trop occupés. Je pense notamment à une Parisienne à temps partiel... Bonne ou mauvaise nouvelle je m’en fou. Je veux juste savoir quelque chose... Moi, je suis dans mon lit, toute seule, Laptop ne compte pas évidement…

Mais comment ça se fait que je suis toute seule dans mon lit???
C’est la grande question que je me pose en ce moment...
Bienvenue dans les coulisses de mes pensées.

I don’t care to know whether or not we can build institutions without a democracy, if globalization is in fact retreating, if social movements are creating more polarization, if trust comes before social capital, if it’s too late for some countries to develop a comparative advantage… I DON’T CARE!!!!! I don’t care…. I just don’t care anymore… Leave me alone.

Mais qu’est ce que je fais ici? Et si je n’étais pas ici, où serai-je exactement? Quito? Berlin? Barcelone? Rio? Amsterdam? Enfin, j’ai décidé de donner une nouvelle chance à Montréal, ma ville natale. J’avoue que mes attentes sont hautes et vagues, comme de hautes vagues. Mais tout ce que je veux… Je ne sais même plus ce que je veux... ... Tout ce que je sais, c’est que je vais essayer de vivre ma vie comme tout le monde, et arrêter d’essayer de vivre mes rêves... Je les ai perdu à quelque part, entre la mer Baltique et les Grands Lacs. Je dois en trouver de nouveaux.

mercredi 21 mars 2007

Au Future Bakery – deuxième partie

Trois œufs! Ils sont généreux au Future Bakery. Il faut croire que les étudiants à U of T ont de l’appétit. Humm je vais me régaler que je me dis. Je mets rapidement ma lecture de côté et m’apprête à prendre ma première bouchée…

Mais mon attention est rapidement détournée… Mais qu’est ce qui sent le brûlé?

« Oh my god, my paper is on fire!!!!!! » Je souffle fhouuufhoooouuuuuuuu Mais rien à faire. Les flammes restent accrochées au coin de la page « My PAPER is on FIRE!!! » Apparemment, à la vue de mon assiette, mon enthousiasme débordant me fit poser mon papier directement sur la bougie sans m’en rendre compte… Mais qu’est ce qui leur prend de mettre des petites bougies sur les tables! C’est dangereux!!! Ah oui, c’est pour l’ambiance… Les flammes se rapprochent dangereusement du texte. Je lutte seule contre le feu dans la tempête. Mon voisin de table me regarde d’un air déconcerté, il préfère ne pas s’en mêler. Ah ces Anglais! Je vois déjà les flammes se rapprocher du plafond…. J’imagine ce patrimoine commun de l’humanité torontoise parti en fumée… et tout ça à cause d’une de mes maladresses! Je dois agir et rapidement!! Vite à la cuisine! « HELP ME, my paper is on FIRE!! »

Le cuisinier Letton comprend vite; une jeune Québécoise avec un paper en feu n’est jamais bon présage. Le scénario semble sorti d’un film Hollywoodien; une femme en détresse, un homme fort, une foule ébahie: la naissance d’un héro. Le cuisinier Letton comprend vite. Il saisi cette occasion en or afin de me démontrer sa force et virilité et essaie d’éteindre le feu de ses doigts mouillés. Mais la flamme est tenace et résiste aux doigts slaves du cuisinier Letton non-viril. Il saisit alors un chaudron qui traîne, pose mon paper sur la table de cuisine et PATACLAN! Il se met à taper dessus vigoureusement. PAtAclaN « Be CAREFULL!! I have to READ this!!! » lui dis-je entre deux coups de chaudrons. PAtaclan PatAclan…

Trois coups de chaudron plus tard, le feu s’est éteint. Le coin haut droit de mon article est maintenant histoire du passé. Quelques lettres de grugées mais l’ensemble de l’œuvre d’Avritzer est sauvée.

La scène… Tu parles. Les autres étudiants au café ont eu un petit sourire de sympathie, ils comprennent… Quand tu fais une maîtrise, tes amis deviennent Jurgen Habermas, Leonardo Avritzer et Robert Putnam, et les amis c’est précieux... et il faut tout faire pour les sauver, même des flammes.

lundi 19 mars 2007

Les RDM

Trop injuste que je vous dis! Ma vie est une injustice totale, une injustice globale qui me suit au quatre coin du monde, je vais me créer mon propre mouvement social international contre les Rencontres amoureuses et flirts remplis de potentialité qui surviennent à un mois de la Fin. Un mouvement ni de gauche, ni de droite, un mouvement qui vient droit du cœur! RAFRPSUMF… pas trop accrocheur comme acronyme. Attendez laissez moi réfléchir… RDM! « Rencontre du Dernier Mois ». Alors je dit NON aux RDM! Et OUI au RPM! [Rencontre du Premier Mois] Il y a-t-il d’autres participant(e)s qui veulent se joindre à moi? Cette fois-ci, Enough! La prochaine fois que je partirai en voyage, je prendrai un billet pour un mois avec une possibilité de prolongation à l’infini, ce qui veut dire qu’il me restera toujours rien qu’un mois. Donc, si la tendance se maintient, je devrais inévitablement Le rencontrer à la fin du mois ce qui sera par conséquent aussi le début du mois – penser à un cercle… Mais franchement, là à ce stade-ci de ma vie, je n’ai envie de rien! Je veux juste garder ma santé mentale et essayer de diminuer mon stress le plus possible afin de réussir à passer au travers ma tâche allégée de travaux universitaires. Heureusement que j’ai eu des extensions pour tous mes « gros » travaux…. Je serai dans la maison des fous sinon, et j’y serai allée de mon propre gré, croyez moi! Le coût de ces extensions – my sanity.

Alors cher John, tu es mignon, je ne dis pas le contraire, et nous semblons avoir les mêmes goûts musicaux. Tu es même complice de mes achats musicaux quasi-quotidiens... Mais, il me reste deux présentations orales à préparer de même que deux Outlines et une critique de livre de trente pages.... Désolée, mais pas le temps. Et puis, ça fait sept mois que je suis ici, à Toronto, et que tu me vois déambuler devant toi, à la recherche de jolies mélodies qui trouveront refuge dans le creux de mon oreille… C’est long quand même sept mois. La prochaine fois il faut être plus vite. Advienne que pourra maintenant et tant pis pour toi. What else can I say… It’s not you, it’s somebody else.

mardi 13 mars 2007

Au Future Bakery – première partie


On est vendredi soir. Il neige sur Toronto. Je marche seule, je ne sais trop où mais je trouverai destination, je dois car il fait froid. Mes pieds gelés me conduisent au Future Bakery, à peine à cinq minutes de chez moi, au coin de Brunswick and Bloor. Le Future Bakery, c’est le café du coin où étudiants et populace se retrouvent afin de sortir de l’isolement que l’hiver impose.

Je m’assoie près de la fenêtre, question de regarder les flocons tomber tout doucement… * * * puis fondre… * * *
* silencieusement *
sur le trottoir _______
ou encore disparaître
subitement (*)
sous l’empreinte d’un piéton ( )

À ma droite quelqu’un dit ; ﻎﻈﻒﺦﺬ ﺤﺱﺇﺠﷲﯾ
À ma gauche;
Жчы Ф ұёяй зщў ќџҐњ
Derrière moi on dit; you and me baby do you want some honey
Et devant moi; … … …

Devant moi il n’y a personne.

Je croise une amie de l’université par hasard.
- Oh hey, how are you ? lui dis-je.
- Eughh I have so much grading to do… répond-t-elle d’un air découragé.
– I have plenty of lectures to do…well, good luck with that!
- Thanks…

Elle prit une table au milieu du café. Ce fut la fin de notre conversation.

Je continue de regarder la neige se disputer agressivement l’espace, ça semble se convertir en tempête … Enfin bref que je me dis, tempête ou non, j’ai plein de lecture à faire…Alors voyons voir: The Contradiction between the Foundation of Democratic Elitism and Late Processes of DemocratizationSi je ne me motive pas moi-même, personne ne le ferra.

Après avoir lu les six premières pages, j’ai commencé à avoir un peu faim… Le Future Bakery est réputé pour ses déjeuners servis jusqu’à minuit. Si on montre notre carte d’étudiant "U of T" on a même droit à un rabais… Alors vivement les déjeuners à neuf heures du soir, que je me dis!


-I’ll take the « U of T Special Breakfast » please. … … Sunny side up… … with beacon.
-Are you French? me demande le cuisinier.
-No, I’m from Québec. Are you Russian?
-No, I’m from Latvia.
-Oh

Je crois que les deux étions un peu déçu. Ce fut la fin de notre conversation.

Je me rassoie en attendant que mon plat soit prêt. Il y a des petites chandelles sur les tables… Mignons, que je me dit, ça réchauffe l’ambiance… Mais je reste de glace.

Dehors, les flocons continuent leur valse *** *** *** *** ***

J’ai toujours trouvé que l’hiver était particulièrement romantique…

Surtout lorsqu’il neige…

** * * *** * ** * *** * *
** ***** * ***** *** ** *

Et je me suis revu toute petite, frayant mon chemin dans la neige, enjambant fossés, branches, tunnels, igloo, avec mes petits bras, bougeant vigoureusement de chaque côté afin de m’aider à garder l'équilibre…


Puis une voix me dit : un flocon qui se pose sur son doigt, il faut le contempler avant qu’il ne fonde et ne disparaisse...


Il me semble que ça fait longtemps que je n’ai pas fait ça...

*** *** ************* *

« Sunny Side up with Beacon»

C’est pour moi, on m’appelle.

« L'enfance c'est de croire qu'avec le sapin de Noel et trois flocons de neige toute la terre est changée. » A. Laurendeau




mercredi 7 mars 2007

Vingt-cinq ans

Ça y est, j’ai franchi le cap, comme tout le monde, comme mes parents. Vingt-cinq ans. Je ne sais pas pourquoi mais c'est un âge qui semble adéquat… Pourtant, 25 ans, ce n'est pas ce qui a de plus réconfortant…

Tu réalises qu’après la pluie le beau temps, qu'après-demain viendra en un tour de main, que si ce n'est pas lui tout n'est pas finit, que tomber fait mal, que se relever est lacrymal, que les diplômes en or ne sont pas des trésors, que ça ne sert à rien d'être académicien, que tes défauts sont triomphaux, que tu es à la fois guerrière et poupée en verre, que tu es couverte de bandages, que ce n’est qu’une image, qu'il y a une écharde qui est restée enfoncée, que le verre à force de déborder a fini par se renverser, qu'il faut quelqu'un pour l'éponger, que ça ne sert à rien de te questionner,que tu as lancé les dés il y a une éternité, que tout ce qui est important est déconcertant, que ça ne sert à rien de perdre son temps, que les rêves d’enfants disparaissent en un instant, que les kidnappeurs et la noirceur te font toujours peur, que si ton passé te rattrape il vaut mieux que tu le frappes, que rester te fait suffoquer, que partir ne peut être pire, que les voyages sont des mirages, que de la liberté tu ne peux t’en priver, que tu ferras ta maison là où il ferra bon, que ton meilleur ami est parti, que ce n’est pas pour la vie, que l’amour est un jeux d’hasard, que jamais deux sans trois même si c'est bizarre, que le Chelsea Hotel est circonstanciel et parfois même artificiel, que c'est au lendemain qu'il faut tendre la main, que tu t’es échouée sur le rivage bien avant l’âge, que plusieurs se sont baignés dans cette plage, que la prochaine vague ne peut faire autant de ravages, que la vie n’est qu’un adage, que ton Prince Charmant te ment probablement, que quelqu’un d’autre t’aime secrètement, que les musiciens font semblant d’être magiciens, que les écrivains ne mangent que du pain, que les intellos sonnent faux, que les ingénieurs se croient meilleurs, que les amants sont des chenapans, que des souliers qui ont trop voyagé doivent commencer à faire mal aux pieds, que les lampadaires auront toujours raison des moustiques comme les moustiquaires des aventurières, que parfois vaut mieux rester parmi les poissons plutôt que de mordre à l’hameçon, que les songes sont des mensonges, que la passion est fonction de la création, qu’il n’y a souvent aucune explication, qu’il vaut mieux en garder plutôt que de tout dévoiler, qu’il ne faut surtout pas croire à toutes ces histoires...


samedi 3 mars 2007

Les chaudrons


Je viens d’avoir une conversation téléphonique avec ma mère à propos de mon anniversaire.

Ma mère me demande « Qu’est ce que tu veux pour ta fête? » Je lui réponds toute excitée « Des chaudrons!» Ma mère reste bouche-bée… « Hummm… je ne pense pas que ce soit vraiment une bonne idée… » « Hein, comment ça c'est pas une bonne idée?.... »

Mais je commence à comprendre ce qu’elle pense…

Maman, dans ma tête je ne fait pas des associations « chaudrons – mari », comme si l’un n’allait pas sans l’autre. Je n’ai aucune vision romantique des chaudrons ni des poêles. Je ne suis pas entrain de penser « ahh mes premiers chaudrons, mon premier poêle! Je fais la cuisine et je vois mon mari dans la soupe... » NON. Ce n’est pas du tout ça qui se passe dans ma tête, maman. Je vois plutôt les chaudrons et les poêles comme des utilitées nécessaire à mon alimentation et à ma santé! Je n’y voie aucune trace d’amour. Je n’y vois que du Teflon!

« Pourquoi tu penses que ce n'est pas une bonne idée? » Elle ne veut pas m’avouer la vraie raison de son obstination car elle sait que je vais la réprimander…

Bon, d’accord, je décide de me taire (ça veut dire que je mûrie). J’irai moi-même m’acheter un chaudron, une poêle et un Wok. Elle me donnera ça le jour de mon mariage si ça lui fait plaisir - si j’en arrive là un jour...

« Mon dieu maman, je n’en reviens pas que tu penses ça……Et puis d’ici là, il faut bien que j’alimente mes amants quand même! »

… Évidemment, en plus de ne pas avoir ce que je voulais à ma fête, j’ai eu droit à un sermon sur le type de relation amoureuse que je devrais avoir…