Récit d’une jeune femme à l’esprit libre

Ses périples quotidiens, tumultes amoureux, angoisses de mi-vingtaine, moments de délire et bien d’autres impertinences

lundi 28 mai 2007

Chambre à Louer

Nous sommes présentement à la recherche d'un nouveau coloc. Si vous, ou quelqu'un que vous connaissez, cherchez une chambre (meublé ou non) disponible le premier août ou vers la mi-juillet, contactez moi. Nous sommes assez flexibles avec les dates; je pourrais toujours dormir dans la chambre de Catherine, ou vous dans la mienne… Il y a toujours façon de s’arranger! SCOOP : Il y une possibilité qu'une deuxième chambre se libère très bientôt... Bon quoi dire de plus, ça ne me tente pas vraiment d'étaler la splendeur de mon appartement sur ce blog, je dirai seulement que ce n’est pas nécessaire de le voir pour le croire! Ah oui, nous venons d’afficher une annonce sur « easyroommate », alors dépêchez-vous! Voici ce que nous avons affiché.

We have a room in a fabulous 8 room apartment in the Plateau-Mile End, two blocks away from the Mt-Royal Mountain, the P.A. (grocery store), and the Casa del Popolo (a music venue).

We are three persons in their mid twenties looking for a fourth roommate.

If you are unsocial, depressed, have no opinion or taste, listen to music by artists with names containing "Lil", "Big", "Mama", "Papa", "Pussy" or "Puff", are obsessed with computer games, collect Magic Cards (or have some kind of hidden "Medieval Passion"), spend more time than girls getting ready, have read the book "How To Be Rich In 20 Days Special Edition: Be Rich in 17 Days", consider watching baseball a sport, have tried to find your soul mate on a dating website, please DO NOT REPLY.

If you are open-minded (don't worry, despite all what we said, we are still open-minded), social, outgoing, enjoy concerts, like to have a beer on the balcony, a drink on a terrasse and sharing a meal with friends, do not hesitate to contact us.

Thank you - Merci!

En passant nous sommes tous francophones dans l'appartement.

Bienvenue aux "Francos", "Anglos" ou "Allos"

jeudi 10 mai 2007

La Science Po

Je réalise que je ne parle jamais de ce que j’étudie ; la science politique (j’ai mis science en italique car j’ai des doute quant à savoir si c’est réellement une science…). C’est vrai que je ne met jamais mes études à l’avant plan. D’un côté, il y a les études, et de l’autre ma Vie, mes amis… enfin, il y a Tout. Je n’ai jamais centré mon identité sur mes études et je préfère garder ça comme ça.

Mais bon, pour revenir à la science po maintenant que j’ai envie d’en parler, une des raisons pour laquelle j’en parle justement pas c’est que je trouve que c’est devenu assez difficile d’en parler… Il faut avoir lu tel ou tel auteurs, être à jour dans la recherche, la panoplie de théories, les définitions qui changent à chaque nouvelle parution, les tendances science po… (Maintenant, c’est très tendance de parler de « participation politique». Ça parait simple, mais croyez moi, il existe pleins de définitions et de bouquins qui tentent de comprendre la participation; qu’est ce qui cause la…. Quelles sont les conséquences de la… Il y a-t-il une corrélation entre la…. et les cycles économiques et les régimes politiques… Vous voyez le genre.) J’avoue que la (science) politique peut ne pas plaire à tout le monde, mais bon, je suis quand même contente de l’avoir fait, c’est-à-dire de m’être rendue aussi loin dans quelque chose, d’y avoir réellement pris goût à un moment donné…

Pour revenir à mon sujet initial, la science po, alors ce qui est important en science po (comme dans toutes discipline), c’est de tout remettre en question tout le temps en sachant pertinemment qu’il n’y a pas de réponse certaine. Alors c’est permis, et même grandement apprécié, d’inventer des définitions lorsque les définitions existantes ne nous conviennent pas, de rédiger des textes où l’on s’enfarge dans les fleurs du tapis phrases après phrases, et finalement d’insulter les économistes qui se croient meilleurs tout en rouspétant dans notre coin « j’aurais du étudier en économie….grrr ».

Pour continuer sur cette lancé science po avant que je ne me tanne, je vais parler de mon travail… Je suis présentement entrain de rédiger un texte qui trace un parallèle entre le Parti des Travailleurs au Brésil et les idéaux de la révolutions Française… En fait, j’essaie de tracer un parallèle, mais rien n’est garanti… Comme vous voyez, c’est palpitant! Je m’arrête tout de suite afin de vous laissez languir et que vous me bombardiez de commentaires m’en demandant plus….

Des heures et des heures de lectures et de rédactions, le tout, pour que ma prof lise mon travail une fois (au mieux deux) et que d’un petit coup de main, hop, elle le foute au recyclage!! Photocopies après photocopies, rédaction après rédaction, j’ai l’impression que je ne fais que nourrir les bacs de recyclage… Moi, j’encourage le Recyclage! VIVEMENT LE RECYCLAGE!! C’est au nom des PETITS BACS VERTS que je fais ça!! Les enfants pauvres qui marchent sans soulier, qui sniffent de la colle et lèchent les vitrines de restaurants, ce n’est pas vraiment important après tout… J’ai comme oublié que c’était ça ma motivation au départ. U of T m’aura enseigné qu’il est beaucoup trop tard de toute façon…

Tout compte fait, la science politique, c’est une forme de masturbation intellectuelle qui ne me fait plus jouir.

Enfin bref, je ne sais plus trop ou j’en suis avec tout ça… Je garde les questions pour plus tard, lorsque j’aurai terminé ma maîtrise… Un jour que je me dis, un jour. Et puis je me console en me disant que ma maîtrise me sera peut être utile à 45 ans… ou peut être même l’année prochaine… Finalement, je fais juste ça au cas où…

mardi 8 mai 2007

Le Party « Toga »

« Hey Mike, ça va? C’est quoi l’adresse de chez ta blonde?» « 4711 …. et oublie pas, c’est un party Toga! » « Toga? » « Tu dois venir costumé en Greco-romaine! » « Quoi!?? Wow là, je m’en vais travailler… Je pensais y aller après la job, avec ce que je porte… Et puis de toute façon, pas question que j’arrive avec un drap blanc…! »

Moi, il n’y a rien que je trouve plus kitsch que les « Beach Party », les party « Greco-Romains », et pire encore, les partys « Tiki ». (Je ne suis jamais allée dans un party Tiki mais j’en ai entendu parler… À éviter à tout prix). Entouca, je vais y aller quand même que je me dis… D’autant plus que la dernière fois que j’ai vu certains d’entres eux, j’avais la tête dans le bol et j’aimerais bien qu’ils oublient cette image...

Heureusement qu’à minuit, le bar était vide et j’ai demandé si je pouvais quitter plus tôt. Surprenant pour un samedi soir quand même… Quelques coins de rue plus tard, je faisais un bond dans le temps et j’arrivais chez Julie.

Presque 75 % des personnes qui s’y trouvaient étaient habillées en Greco-Romains… Facile de reconnaître mes amis, c’était les seuls qui n’étaient pas déguisés, tous entassés dans un coin de la cuisine. La plupart des invités buvaient du vin, évidemment. Moi je suis arrivé là avec ma bière achetée à mon propre bar…

À un moment donné, il y a un gars qui vient me parler… J’essaie de m’intégrer à la soirée en lui disant que mon nom vient du mot grec hélios qui veut dire soleil, ou plus généralement lumière. Deux minutes plus tard, il n’était plus là… J’ai dû passer pour une petite illuminée et, apparemment, c’est plus hot d’être déguisé en Grecque que de connaître les origines grecques de son nom, s’il y en a... Mais bon, j’imagine que si un gars m’avait dit le même genre de truc, « hé salut petite Grecque, savais-tu que Pierre vient du substantif grec petros qui veux dire roche, donc Pierre.. », je serais partie moi aussi. Et puis de toute façon, il y a rien de plus turn-off qu’un gars qui se prend pour Jules César avec des petites feuilles de Laurier sur la tête! Fin de la discussion.

J’ai donc fait le tour une dernière fois, ri silencieusement en regardant l’énervé en drapé blanc dansant le swing dans le salon, et je suis rentrée chez moi.

dimanche 6 mai 2007

Sur le balcon

Salut, désolée pour le peu de mise à jour… (De toute façon, il y a tu encore quelqu’un qui lis ce blogue depuis mon retour de Toronto, à part Joelle et une certaine Mr. Smith…?) C’est que j’ai enfin décidé d’ouvrir mes boites remplies de papiers, que je trouvais jadis inspirants, avant que la moisissure ne s’y imprègne et que des champignons n’y poussent… Et surtout, avant que la date de remise ne m’assomme du jour au lendemain, que je fasse un ACV en buvant un café sur mon balcon tout en contemplant la brise et que je demeure paralysée jusqu’au petit orteil, les yeux fixant le ciel, mon café rampant sur le balcon, tachant ma robe blanche, et dégoulinant goutte à goutte sur la tête de l’amante du proprio qui sort incognito… La scène… Je vais prendre tous les moyens (et dictionnaires français-anglais) afin qu’un tel scénario demeure fictif et éviterai de porter une robe blanche - ce serait vraiment trop tragique.

Enfin, ce blogue fut définitivement le meilleur échappatoire que j’ai trouvé afin de remettre à plus tard ce qui aurait dû être fait depuis longtemps. La stratégie ultime de tout procrastinateur qui se respecte (et de toute étudiante à la maîtrise qui se demande comment elle a fait pour se rendre aussi loin dans ses études sans savoir si c’est vraiment ça qu’elle voulait faire dans la vie…)

Quoi qu’il en soit, ça me sert à rien de me questionner davantage, j’en suis à quelques travaux de la fin. Alors je vais finir cette satanée maîtrise, même si c’est la dernière chose que je fais (d’ennuyant) sur terre. Enfin j’espère que je vais la finir, car plus le temps passe, plus j’ai des doutes…

Merde, déjà 17:20… Je dois aller travailler et je n’ai pas fini de lire mon chapitre…





mardi 1 mai 2007

Nouveau départ, nouvel appartement, nouvelle saison. La Cantatrice se fait coquette; sort ses lunettes de soleil, rajoute un peu de jaune pour rappeler la chaleur de l’été et se permet même de rajouter des petits oiseaux qui volent dans le ciel…. Cui cui. Cui cui.

Retour à la case départ

Demain, je m’en vais. Je n’aurais donc jamais terminé la murale d’arbre printanier dans ma chambre. Une œuvre colorée que j’avais entamé à 21 ans, dans un moment d’inspiration, et qui restera à tout jamais inachevée. J’y reviendrais peut-être, si un jour comme ça, j’ai une envie pressante de mélanger des couleurs, monter dans un escabeau et laisser aller mon pinceau sur le mur… Sait-on jamais. Une dernière petite danse loufoque avec ma sœur dans ma (sa) chambre : « la danse des genoux » (à essayer seulement dans l’intimité de votre chambre avec des gens qui vous aiment de façon inconditionnelle ou qui sont saouls). Un dernier petit déjeuner préparé par ma mère avec tendresse. Une dernière petite prise de tête avec mon père « Viens faire tes rapports d’impôts! »« Laisse moi dormir!!»


Ce furent 25 bonnes années quand même, que je me dis… Évidemment, il y eu les moments difficiles... Je pense notamment à quand j’avais 21 ans, que j’étais mal dans ma peau, que je me questionnais sur tout, que je pensais que partir était la solution… J’avais tort. La naïveté des vingt ans, et si c’était ça le bonheur justement?. Il y eu aussi des lendemains meilleurs… Il y eu plein de bons moments en fait… Mais évidemment, c’est toujours plus difficile de parler des moments de bonheur… Serait-ce parce qu’il sont éphémères, légers… fragiles? Qu’ils ne durent qu’un instant et que lorsqu’on s’en souvient, cela fait souvent mal...
Le bonheur fait couler les larmes, ou quelque chose comme ça, a dit Flaubert.


Enfin bref, ce n’est jamais blanc sur blanc ou noir sur noir, ce serait une façon trop monochromatique d’exprimer les choses. La réalité demeure beaucoup plus complexe, ce n’est ni même noir sur blanc (malgré que mon blogue lui, soit blanc sur noir). Quoique vivre dans une éternelle zone grise n’est guère meilleur... Alors, noir, blanc, gris, gris foncé ou gris pâle, demain j’ai un loyer à payer, trois nouveaux colocs, un proprio, un frigo et un lit qui restent à remplir… Ce furent 25 bonnes années quand même… Et tout finit par arriver à bonne heure.


Alors, retour à la case départ

Demain je m’en vais.