Récit d’une jeune femme à l’esprit libre

Ses périples quotidiens, tumultes amoureux, angoisses de mi-vingtaine, moments de délire et bien d’autres impertinences

mercredi 29 août 2007

Les précieuses ridicules

Ceci est un texte que j'aie écrit au mois de mai (ou juin, je ne me rappelle plus) mais qui était restée dans le fond d'un tiroir...

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Quand on n’a pas d’amour, il faut au moins du GLAmour.

Et afin d’avoir plus de glamour dans nos vie, mes trois bonnes amies et moi avons décidée que nous allions cluber...

Nous étions là, les quatre à se disputer un coin du miroir dans ma chambre. Fard à paupière vert, mascara, gloss, fer plat, bas de nylon, talons hauts, parfum, Wonderbras… Tout y passe. Enfin toutes sortent leurs Wonderbras, sauf moi… car j’en ai pas... je veux dire de Wonderbras… Ah et puis merde, disons juste que mes atouts sont ailleurs… Mes hanches tiens. Imaginez un mélange de Scarlett et de Kate Winslet… Ouais c’est ça, rêve encore que je me dis… La vérité c’est que je mesure 5’2, que je pèse 100 livres et que j’ai la dent d’en avant brisée. Voilà c’est dit, je suis une vraie femme fatale du Mile End. Geneviève, par contre, elle à beaucoup d’atouts classiques. Bon, disons les choses comme elles sont : elle a vraiment des gros seins. À leur vue, les gars ne doivent penser qu’une seule chose; mettre leurs mains dessus, s’y foutre la tête dedans et s’y perdre dans la nuit. Enfin bref, j’imagine qu’on essaie toute de faire de notre mieux avec ce qu’on a, et puis… je finirais bien par trouver quelqu’un qui m’aimera, moi et ma dent…

Nos conversations suivent le rythme de la soirée; “if I told you things I did before
told you how I used to be would you go along with someone like me
”. Ça c’est la chanson qui jouait dans le background… Très kitsh mais catchy. Le genre de chanson que vous fredonnerez malgré vous. Afin d’accompagner cette mélodie éphémère, nous disons des trucs qui pourraient être qualifiés de la même façon : « Aye, j’aime tes souliers! » « Il est cute ton top, tu l’a acheté où ?» «Sont trop cool t’es boucle d’oreille » « Merci, c’est moi qui les ai faites!». De toute façon, nous allons tellement rarement cluber dans ce genre d’endroit, soit disant plus « chic » où on ne joue que du boom boom, qu’on se pardonne notre petit laissé allée frivole. En fait, j’ai l’impression que nous sommes entrain de jouer à un jeu; le jeu des Talons Haut, le jeu oû l’on doit se mettre « Belle », le jeu de la Nuit...Ouuuuhhh. Le genre de jeu oû l’on finit par y trouver ce qu’on y apporte, un peu comme une auberge espagnole; si tu veux bouder dans un coin alors c’est sure que c’est ce qui va t’arriver, si tu veux coucher avec un mec, c’est presque sure que tu vas y arriver aussi… Mais bon, que je me dis, ça prends un peu de tout dans la vie…

Moi

« Qu’est ce que je dis s’il y a un gars qui me parle? Est ce que je devrai lui dire que je faisais une maîtrise en science po… ? Je trouve que c’est un peu turn off... Je ne pourrai pas dire que je fabrique des poignés de porte en forme de poigné de main à la place? »

Geneviève

« HAha… ok si tu veux. Toi Catherine, tu seras « la gentille enseignante au primaire », en fait tu n’a pas à mentir, tu l’est déjà…HAha. Toi Julia tu pourrais être « la-femme-de-carrière-accomplie », celle qui saute d’avion en avion, et moi je serai « décoratrice d’intérieur », ça sonne plus sexy qu’architecte. HAha… »

Moi

« De toute façon, je m’en fou, j’ai jamais rencontré personne dans un bar… Catherine!! Arrête de te frotter les yeux!!! Tu vas avoir du mascara partout sur le visage! »

Catherine cligne des yeux deux fois et frotte ses yeux avec son index d’un air complètement désabusée. «C’est quoi ça, sur mes cils… » qu’elle semble penser. Si vous connaissez Catherine, vous savez que ce n’est pas la personne la plus délicate sur Terre et la voir en talon haut en vaut le déplacement, croyez moi… « Tombe pas là… il y une marche! »

Beaux quatuor que je me dis.

Une heure plus tard, nous étions fines prêtes à affronter ce monde cruel et sans merci.